L’Europe a commencé par se faire par l’économie et les « solidarités de fait », selon la méthode de Jean Monnet et Robert Schuman : union douanière, marché commun puis marché unique, politique de la concurrence, politique agricole commune, politique régionale, transports, recherche, environnement, etc. Le lancement de l’euro en 2002 a uni davantage les pays qui ont une monnaie unique en partage. Mais les politiques économiques et sociales continuent de reposer largement sur des choix nationaux.
La crise mondiale de 2008 a commencé, comme la crise de 1929, par une crise boursière et financière, qui s’est ensuite diffusée dans la sphère de l’économie réelle. Contrairement à ce qui s’est passé après 1929, les États ont su réagir par une coopération internationale et par des mesures de type keynésien. Mais alors que la reprise économique s’est amorcée, une crise des finances publiques menace plusieurs pays, et met en péril la cohésion même de la zone euro. Le moteur franco-allemand contribue à maîtriser cette crise en mettant en place des mécanismes de solidarité financière et en poussant une nouvelle réforme du pacte de stabilité, qui est au fondement de la monnaie unique.
Le traité de Lisbonne a étendu presque complètement à l’espace de liberté, de sécurité et de justice les règles qui s’appliquaient jusque là au marché unique. Sur cette base, le programme de Stockholm prévoit pour la période 2010-2014 le développement concret d’une Europe des droits, d’une Europe de la justice, d’une Europe qui protège et d’une Europe solidaire. Chaque citoyen de l’Union aspire à voir ses droits respectés et sa sécurité protégée dans ce nouvel espace de libertés et il a assurément tout à gagner à voir la coopération policière et judiciaire pénale prendre au sein de l’Union européenne toute la place qu’il lui revient.
La crise du gaz entre le Belarus et la Russie a une nouvelle fois mis en lumière la fragilité de la sécurité énergétique européenne, particulièrement en matière de gaz. Cet article fait le bilan de la situation actuelle. En s’intéressant à toute la chaîne du gaz (production, transport, consommation), il analyse l’action politique et économique de l’UE. Si celle-ci est aujourd’hui en échec, elle peut néanmoins aboutir à l’horizon 2020.
En 2009, l’Union européenne s’est dotée d’un cadre d’organisation du secteur énergétique entièrement nouveau avec le « 3e paquet énergie ». En poussant à un stade encore plus avancé le modèle canonique de libéralisation des industries de réseau selon la voie habituellement suivie par la Commission européenne depuis une dizaine d’années, les nouveaux textes adoptés constituent, à première vue, un approfondissement du mouvement à l’œuvre depuis la fin des années 1990. Deux ruptures sont venues néanmoins modifier le cadre de référence de la politique de libéralisation entamée dans les années 1990 : la lutte contre le réchauffement climatique et la sécurité des approvisionnements énergétiques européens. La nécessité d’intégrer ces nouveaux éléments conduit à poser la question de la cohérence de la politique énergétique européenne. L’inclusion d’un article dédié à l’énergie dans le Traité de Lisbonne ne permettra pas à lui seul de faire converger des attentes parfois contradictoires.